La rougeur du couchant envahit le véhicule. Celui-ci était fait d'une seule pièce de plastec, moulé sous pression. Cette matière remplaçait presque partout le verre, le bois, l'acier et le ciment.
Transparente, elle livrait aux regards des voyageurs tout le ciel et la terre. Dure et souple, elle réduisait au minimum les risques d’accidents.
Quelques mois auparavant, elle avait fait la preuve de ses qualités. Entre Paris et Berlin, un wagon se décrocha dans un virage, percuta contre une usine, abattit, cinq murs, rebondit et se planta, la pointe en l'air, dans un toit. Les voyageurs qu’on en retira ne possédaient plus un os d’entier. Quelques-uns en échappèrent, se firent mettre des os en plastec.
Le wagon n'avait subi ni fêlure ni déformation, ce qui montrait l'excellence de sa fabrication.Ce n’était pas la faute de la Compagnie si les contenus s’étaient avérés moins résistants que le contenant.